Mercredi, 17 Octobre 2012 01:01

saida-manoubiaLes mausolées de nos saints sont pris pour cible par les salafistes. Après la destruction des Bouddhas de Bamyan par les Talibans, en Afghanistan, voici que les wahhabites sévissent au Mali, en Libye, puis en Tunisie. Mais pour quelles raisons visent-ils nos monuments historiques ?

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L’attaque qui a visé la zaouia de Saida Manoubia, à la Manouba, le mardi 16 octobre a marqué les esprits. Sans doute à cause de la personnalité particulière de la Sainte, mais aussi certainement parce qu’il s’agit de la première fois qu’un mausolée est visé au cœur de la capitale. Or des actes similaires ont eu lieu à trois autres reprises dans d’autres villes de Tunisie.

Le 10 octobre 2012, un incendie s’est déclaré dans le mausolée de Sidi Bouhdida à El Fahs, dans la région de Zaghouan. Le tombeau du Saint, des exemplaires du Coran ont été complètement calcinés. La porte du mausolée a été défoncée par les assaillants.

Le 20 septembre 2012, des salafistes ont fermé la zaouia de Sidi Abdelkader Jilani à Menzel Bouzelfa, au Cap-Bon, et jeté les tableaux qui ornaient ses murs au sol. Les extrémistes n’ont pas saccagé les lieux, mais se sont contentés de bloquer l’accès au mausolée où venaient prier chaque jeudi quelques centaines d’adeptes.

Le 4 mai 2012, un groupe de salafistes a démoli au bulldozer «la zaouia» (mausolée) de Sidi Yaakoub, située à Beni Zelten, du côté de Matmata, au gouvernorat de Gabès. Les responsables de la destruction du mausolée ont estimé que visiter ce lieu est «un acte de mécréance» (kuffr en arabe).

Le même mode opératoire transparait donc dans ces quatre attaques. Difficile de n’y voir qu’une simple coïncidence. D’autant plus que des salafistes djihadistes ont détruit des mausolées dans la Libye frontalière, presque au même moment. Pendant que les groupes extrémistes qui contrôlent désormais le nord du Mali démolissent méthodiquement les trésors historiques de la ville de Tombouctou.

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Le mausolée de la Saida Manoubia après le passage des vandales

Il faudrait remonter à mars 2001, à la destruction à l’explosif des Bouddhas géants de Bamyan, par les Talibans, en Afghanistan, pour retrouver la trace de ces actes qui visent délibérément la destruction de monuments qui constituent le patrimoine commun de toute l’humanité. Ce qui justifie cette rage destructrice ? Le wahhabisme saoudien.

Les effets du Wahhabisme en Arabie Saoudite
Le culte wahhabite considère la visite de sites archéologiques, religieux ou historiques à de l'idolâtrie. Il s’agirait donc de «chirk». A cet égard, Abdelaziz Ibn Baz, le mufti d’Arabie Saoudite émet une fatwa en 1994,  stipulant qu'« il n'est pas permis de glorifier les bâtiments et les sites historiques. De telles actions mènent au polythéisme». Ce qui justifierait donc la destruction de ces monuments. Et cela ne date pas d’aujourd’hui.

Ainsi, en 1806, lorsque l'armée wahhabite a occupé Médine, les armées wahhabites ont rasé le Baqi, le cimetière des figures principales de l’aube de l'Islam des débuts. La tombe du prophète Mohamed a même failli être démolie.

En avril 1925, les compagnons d'Abdelaziz Ibn Saoud, ou Ikhwan détruisent aux Hijaz les monuments en rapport avec des saints ou des imams. A La Mecque, on assista ainsi à la démolition des tombes de la famille du prophète. Le cimetière des martyrs d’Ohod n’a pas échappé à la destruction, et même la mosquée de la tombe de Hamza ibn `Abd al-Muttalib n’a pas été épargnée. Le sectarisme wahhabite n’a même pas hésité à s’en prendre à la maison où serait né notre Prophète Mohamed, pour en faire dans un premier temps un souk, puis une librairie. Or que peut-on attendre d’une secte qui ose s’en prendre à l’héritage du plus glorieux des Messagers ? Les Wahhabites auraient-ils une revanche à prendre sur l’Histoire, puisque c’est à des cheikhs Malékites maghrébins que l’on doit la plus éclatante réponse à leur rigidité doctrinale ?

Soufia Ben Achour

 

Tunisie : Pourquoi le wahhabisme vise notre Histoire
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