«La corruption et le népotisme se répandent en Tunisie»
Lundi, 09 Décembre 2013 21:29

«La corruption rampante et le népotisme se répandent en Tunisie». Et c'est un ministre du gouvernement qui le dit. C'est plus précisément M. Abderrahmane Ladgham, le ministre chargé de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption qui a tenu ces propos au cours d'un séminaire tenu ce lundi 9 décembre à l'occasion de la célébration de la Journée nationale et mondiale de lutte contre la corruption.

M. Ladgham a souligné qu’en Tunisie, une «petite corruption prospère dans certaines administrations». Elle consiste soit en l'échange de sommes d'argent en contrepartie de services rendus, soit par l'embauche d'amis ou de proches.

Or selon le ministre, cette « petite corruption» est aussi grave que la «grande», dans la mesure où elle engendre entre autres la dilapidation de l'argent public et bloque la machine du développement.


M. Abderrahmane Ladgham, le ministre chargé de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption

Quant à Samir Annabi, le président de l'Instance nationale de lutte contre la corruption, il a insisté sur la nécessité d'intégrer des matières portant sur les dangers de la corruption et les moyens de lutter contre ce fléau dans les programmes d'éducation. Il a également proposé la création d'instances nationales indépendantes qui seraient chargées de lutter contre la corruption et d'instaurer la transparence dans les formalités administratives..

A noter pourtant qu’à croire le dernier classement fourni par Transparency International, la Tunisie qui a ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption en 2008, serait moins touchée par ce mal endémique que des pays voisins comme l’Algérie, le Maroc, ou la Libye.

Selon les chiffres de la Banque mondiale, la corruption coûte chaque année entre 20 et 40 milliards de dollars aux pays en voie de développement,  soit l’équivalent de 20 à 40% de l’aide publique internationale au développement.

«La corruption et le népotisme se répandent en Tunisie»