Sept ans de prison pour les policiers accusés de viol
Mardi, 01 Avril 2014 09:33

Walid Ben Mouldi Feriani et Mohamed Chawki Ben Ammar, ont été condamnés, le lundi 31 mars à sept ans de prison. Ce sont les deux policiers jugés pour le viol commis en 2012 sur la jeune femme connue sous le nom de Meriem Ben Mohamed, étudiante en finances de 29 ans. C’est ce qu’a confirmé, selon la Tap, la 3è chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis.

L'agent Mohamed Sassi Barhoumi, qui a conduit le fiancé de la victime jusqu'à un distributeur de billets pour lui extorquer de l'argent, a été condamné à deux ans de prison, avec une amende de 20 mille dinars, avec privation de son droit à la fonction publique pour corruption.

L’affaire avait pourtant suscité beaucoup de remous, quand notamment les policiers ont affirmé avoir surpris les deux fiancés en train d'avoir des relations sexuelles dans une voiture. Le parquet avait tenté d'engager des poursuites pour atteinte à la pudeur contre le couple, déclenchant un scandale au retentissement international.

En octobre 2012, la jeune fille violée par les policiers avait même été reçue par le président de la République, Moncef Marzouki, qui lui a exprimé sa «totale sympathie» et présenté «les excuses de l’Etat». La présidence avait affirmé «suivre de près cette affaire pour qu'aucun intérêt partisan ne l'emporte sur la primauté de la loi et pour que les Tunisiens soient rétablis dans leur droit».

Il n’empêche. Au cours du procès, lundi, les deux principaux accusés ont «tout nié», a déclaré Me Radhia Nasraoui, l'une des avocats de la victime. L'un des policiers, a poursuivi Me Nasraoui, a assuré que c'est la jeune femme qui avait cherché à lui faire une fellation.

«Ils ont nié » avoir violé Meriem, a confirmé Me Koutheir Bouallègue, un autre de ses avocats. « L'un a juste reconnu s'être masturbé », a-t-il ajouté. Les journalistes n'ont pas été autorisés à assister à l'audience de lundi, qui se déroulait à huis clos depuis le milieu de la matinée.

Une dizaine de manifestants, dont Amina Sbouï, ancienne membre tunisienne de Femen, sont venus lui manifester leur soutien devant le tribunal. « Je suis là pour soutenir Meriem et toute femme victime de viol. Toute personne ayant violé une femme doit être punie », a dit Amina Sbouï, encourageant les femmes victimes à porter plainte, malgré les difficultés.

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