La Ghriba, l'arbre qui cache la forêt
Samedi, 10 Mai 2014 10:19

Tribune. La Ghriba est l'arbre qui cache la forêt, c'est un faux semblant qui n'apporte à la Tunisie que cinq milles touristes en tout et pour tout. Ce qui ne représente pas grand-chose, devant les trois millions récupérés par l'entité sioniste depuis la révolution et sur le dos de nos mauvais stratèges en la matière. Par Abdel Jaoued Bouslimi, Professeur  Université Paris 10, Nanterre

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Au delà de la normalisation des relations avec l'entité sioniste, au delà du pèlerinage juif  à La Ghriba, les compétences  tunisiennes en matière de tourisme  témoignent d'un manque d'imagination sidérant. Une guerre psychologique est bel et bien menée par l'entité sioniste dont l'objectif ultime est de détourner les touristes européens, amis de la Tunisie, à changer d'habitudes et atterrir chez eux, malgré  la guerre permanente contre les Palestiniens. Cette affaire du bateau avec ses soixante  personnes est un stimulus injecté dans la société tunisienne en sachant à l'avance la réaction de refus populaire et l'unanimité contre la normalisation avec l'entité sioniste, tant que la Palestine n'est pas libérée. Il suffit d'un peu de curiosité et peu de compétence touristique pour savoir qu'en 2010, trois millions de touristes seulement ont visité l'entité sioniste. En 2013, six millions et leur objectif en 2014 est de sept millions de touristes.

Quel pays au monde ose doubler en deux ans ses visiteurs? Même la France avec son premier rang mondial et ses soixante dix-huit millions de touristes, navigue entre trois et cinq pour cent en plus ou en moins chaque année.

Il va sans dire que les touristes qui venaient en Tunisie sont récupérés tout simplement en montrant l'image de discrimination des tunisiens provoquée il est vrai, par cette stimulation de l'inconscient collectif d'anti normalisation.

La Ghriba est l'arbre qui cache la forêt, c'est un faux semblant qui n'apporte à la Tunisie que cinq milles touristes en tout et pour tout. Ce qui ne représente pas grand-chose, devant les trois millions récupérés par l'entité sioniste depuis la révolution et sur le dos de nos mauvais stratèges en la matière. Il va sans dire que la question est plus grave car il s'agit d'un pillage du patrimoine économique bien  organisé à l'occasion d'un pèlerinage censé être serein et loin des visées marchandes. Tout le monde est tombé dans le piège, même les canaux d'information se sont hâtés à organiser des débats télévisés sur le sujet. Ils ont ainsi renforcé  la manipulation mentale venue de l'extérieur et dont le but est d'introduire une dissonance cognitive entre juif et entité sioniste. En sachant bien que le tunisien lambda n'a jamais confondu entre ces deux concepts  depuis maintenant quatorze siècles.

Il faudrait expliquer à nos compétences combien il est important d’apaiser le débat, concernant le pèlerinage de nos compatriotes juifs tunisiens et d'autres pays, officiellement reconnus par des accords bilatéraux. A force de ne regarder que La Ghriba et à travers elle la normalisation, on laisse passer des choses, on ne fait pas attention à ce qui se passe en profondeur à travers les opérations marketing menées par nos ennemis directs.

La Ghriba, l'arbre qui cache la forêt
 

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