8000 Tunisiens vivent des poubelles
Mercredi, 26 Novembre 2014 16:32

En Tunisie, 8000 chiffonniers, hommes et femmes, fouillent les poubelles dans les rues et dans les décharges, à la recherche de matériaux recyclables: bouteilles, canettes, pain et les autres matériaux, selon les statistiques de la TAMSS (association tunisienne pour le management et la stabilité sociale). Ils travaillent sans aucune couverture sociale et s'exposent à des maladies graves en raison de leur contact direct avec les ordures.

 Mais les «Barbéchas», nom attribué aux chiffoniers en Tunisie, contribuent à hauteur de 60% aux activités de recyclage dans notre pays. Entre 200 et 500 d'entre eux travailleront, à partir de janvier 2015, avec la municipalité d'Ettadhamen-Mnihla dans deux quartiers pilotes, les Jardins d'El Menzah 2 et la Cité 2 mars, pour la gestion des déchets municipaux, à travers un tri à la source.
Cette action pilote baptisée «Projet d'intégration du secteur informel dans la gestion municipale des déchets en Tunisie», a été lancée, ce mercredi 26 novembre, à la Municipalité d'Ettadhamen.

Sur le plan social, le projet aspire à réduire le niveau de pauvreté des barbéchas à travers l'amélioration de leurs revenus, à préserver leur santé à travers la vaccination et une meilleure protection, à diminuer les déchets dangereux dans la rue (tri à domicile par les ménages) et partant leur assurer une inclusion sociale et une meilleure relation avec la municipalité et avec les citoyens.
 C'est ainsi que les chiffonniers adhérents à ce projet bénéficieront de tenues, de badges et de logos reconnaissables.

Cette action pilote s'insère dans le cadre d'un projet initié en collaboration avec la municipalité d'Ettadhamen- Mnihla, l'ANGED, le gouvernement allemand à travers la coopération technique allemande(GIZ) et le réseau régional d'échange d'informations et d'expertise sur les déchets solides dans les pays du Maghreb et du Mashreq (SWEEP- Net).
 L'objectif du projet d'intégration, lancé en avril 2014 et financé par le gouvernement allemand à travers la GIZ, est d'améliorer les conditions de vie et de travail de ces personnes tout en développant la gestion des déchets au niveau municipal.

 Mme Julia Corner, coordinatrice du projet représentant la GIZ a signalé que le projet prévoit «d'établir un bureau de liaison entre le secteur informel (les barbéchas) et la municipalité, d'introduire le tri à la source par les ménages, des déchets recyclable pour qu'ils sont ensuite, collectés à domicile par les barbéchas dans les zones pilotes et de créer des associations des barbéchas d'Ettadhamen-Mnihla».

Une association des barbéchas (chiffonniers) d'Ettadhamen-Mnihla vient d'être créée dans le cadre d'un projet d'intégration structurelle du secteur informel dans la gestion communale des déchets en Tunisie, ont annoncé mercredi, les responsables du projet. L'association est présidée par Ahmed Fakraoui, qui exerce le métier de chiffonnier depuis presque 14 ans.

De même, le projet aspire, selon les représentants de la partie allemande, à améliorer la perception chez les Tunisiens, de ce métier informel mais qui reste très important pour la préservation de la nature et la valorisation des déchets.
 Henricus Winnubst, représentant du gouvernement allemand à l'Ambassade d'Allemagne à Tunis a fait état de la prédisposition de la GIZ à soutenir d'autres initiatives de gestion communale des déchets.
 A travers ce projet, les municipalités partenaires de ce projets auront aussi l'opportunité de contribuer au développement du recyclage en Tunisie, où sur un potentiel de 24% des déchets recyclables, seulement 4% sont recyclés.
 Sur le plan technique, le projet envisage le lancement, en décembre, d'une campagne de communication et de sensibilisation des citoyens des quartiers pilotes pour connaître leurs besoins et leur perception par rapport aux actions du projet et les inciter à faire le tri sélectif de leurs déchets ménagers.

Selon Tap

8000 Tunisiens vivent des poubelles
 

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