La Tunisie face aux lobbies du gaz de schiste
Dimanche, 04 Novembre 2012 20:00

schiste tunisieLe gouvernement tunisien a très vite a annoncé la signature du contrat pour l'exploitation du gaz de schistes avec Shell, sans consulter ni l'Assemblée Nationale Constituante, ni les experts indépendants, et encore moins le peuple  tunisien. Voici les raisons d’une telle décision, telles que présentées par le Groupe d'Intelligence Economique et Scientifique de Tunisie (G.I.E.S.T).

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La controverse soulevée par l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie n’est en effet pas près de retomber. Surtout après la déclaration faite par M. Mohamed Lamine Chakhari, le ministre de l’industrie, dans une interview publiée le 2 novembre 2012  dans le journal «Le Maghreb». Pour rappel, le ministre a en effet annoncé que l’autorisation à extraire et exploiter le gaz de schiste allait être très bientôt accordée à la société Shell.

Or pour le GIEST, si le gouvernement tunisien a pris aussi rapidement une telle initiative, c’est d’abord parce que le forum Mondial sur l'exploitation du pétrole et du gaz en Afrique du Nord démarrera  mardi du 6 novembre et se tiendra jusqu’au 8 du mois courant à Vienne, considérée comme la «capitale mondiale des lobbies pétroliers, énergétiques et nucléaires». Et en l’occurrence, la Tunisie participera à ce sommet.

Notre pays y sera représenté par M. Lamine Chakhari, le Ministre de l'Industrie, ainsi que par une délégation de plus de 50 personnes issues notamment du Ministère de l'Energie, de la direction générale de l'Energie (DGE), de l’Entreprise Tunisienne d'Activités Pétrolières (ETAP). Toutes les compagnies pétrolières étrangères opérant sur le sol tunisien seront également au rendez-vous.  

stop-gaz-schiste tunisieA cet égard, le GIEST  a publié, le samedi 3 novembre, un communiqué affirmant que «le principal objectif de ce forum est de réunir les chefs de gouvernement des pays du Maghreb pour les inciter à libéraliser le Code des Mines et des Hydrocarbures de leur pays respectif afin de leur permettre de payer moins de taxes, et d’exploiter les ressources non conventionnelles (Gaz et Pétrole de Schiste) de leur Etat, le tout en passant sous silence le principe de précaution».

Le GIEST soulignera que la participation de la Tunisie porte uniquement sur le potentiel du gaz de schiste, alors que les autorités ont jusqu’ici affirmé que le projet en question ne vise qu’à évaluer nos réserves en la matière. Et selon ce groupe de réflexion tunisien, «des lobbies étrangers travaillent sur ce dossier de l'exploitation criminelle du schiste depuis déjà 20 ans, avec une parfaite connaissance des réserves non conventionnelles de nos pays». Pis : selon un communiqué signé par deux experts tunisiens en ressources énergétiques, à savoir Mohamed Balghouthi, et Hédy Ali, «ces lobbies ont projeté une exploitation jusqu'à l'horizon de 2030». Or ils soulignent que les conséquences pourraient être catastrophiques sur «notre eau, nos nappes phréatiques et sur nos réserves communes à tout le Maghreb d'eau fossiles venant du Continental Intercalaire».

Et alors même que la France a refusé l’exploitation du gaz de schiste sur son sol, et au moment où le Canada l’interdit, la Tunisie l'autorise. Pour le GIEST, c'est clair: «les stratèges des gouvernements étrangers et des lobbies menacent de compromettre notre potentiel économique en s’attaquant à notre ressource la plus précieuse : l’eau».

Moez E.K, selon communiqué

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