Samedi, 23 Février 2013 11:31

La Tunisie et les recettes du FMI«Le gouvernement démissionnaire n'a pas le droit de discuter, en conseil des ministres, un accord de prêt du Fonds monétaire international». L’alerte a été donnée vendredi 22 février, par la députée Ikbal Msaddaa, l’élue du Congrès pour la République (CPR) à l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Mme Msaddaa est intervenue ainsi lors de la séance plénière, pour mettre en garde contre l'examen de cet accord, sans en informer la Constituante. Elle a donc appelé le bureau de l'ANC à intervenir en urgence.

Or un conseil ministériel, s’est bien tenu vendredi sous la présidence de Hamadi Jebali, le chef du gouvernement démissionnaire. Et en l’occurrence, il a «passé en revue les mesures relatives à la conclusion de l'accord de confirmation à titre de précaution avec le FMI». Et pour faire bonne mesure, le conseil des ministres a examiné dans la foulée «un projet de loi organique relatif à l'approbation de l'accord de coopération entre la Tunisie et la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) concernant la collaboration et les activités de la banque en Tunisie».

Un communiqué de la présidence du gouvernement, précise même que le conseil ministériel a auditionné Chedly Ayari, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) qui a présenté l'avancement des procédures relatives à la signature d'un accord de confirmation à titre de précaution avec le FMI, portant sur un financement de 1,78 milliard de dollars, destiné à soutenir des «réformes décidées par le gouvernement sur deux ans».

Les «exigences» du FMI
Le FMI «exige» en effet de la Tunisie des réformes. C’est ce qu’a confirmé le gouverneur de la BCT, lui-même, dès le lundi 4 février. M. Ayari soulignera cependant que «l'institution internationale laisse le choix à la Tunisie de fixer en toute liberté le calendrier du processus de réforme, ainsi que les modalités». Ce qui n’apaisera pourtant les  inquiétudes des Tunisiens.

tunisie pain

L’Observatoire Tunisien de l’Economie tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié vendredi, il affirme que «suite à la démission officielle du Premier Ministre Hamadi Jebali, le FMI profite du vide gouvernemental pour imposer son Plan d'Ajustement Structurel».  Et c’est en tous cas ce que laisse croire une dépêche de Reuters publiée le 20 février, citant un porte-parole du FMI. On y apprend ainsi que «les négociations entre la Tunisie et le Fonds monétaire international sur l'octroi d'un prêt de 1,78 milliard de dollars (l’équivalent de 2,6 milliards de dinars tunisiens) se poursuivent à un niveau technique en dépit de la démission du Premier ministre».

Pas très rassurant, donc. D’autant plus que le FMI, et les «réformes» qu’il préconise, n’ont pas vraiment bonne presse, en Tunisie. En décembre 1983, le gouvernement avait en effet décidé d’appliquer ces recettes pour «stabiliser l’économie nationale». Le prix du pain et des produits céréaliers ont ainsi été quasiment doublés, pour alléger le «fardeau» de la Caisse de Compensation, conformément aux exigences du FMI. Les émeutes qui ont suivi cette initiative du 27 décembre 1983, au 6 janvier 1984, ont entraîné la mort de d’une centaine de citoyens, et auront jeté en prison plus d’un millier de Tunisiens. La pilule du FMI sera-t-elle plus facile à avaler dans le contexte social de 2013 ?

Synth. O. Chine

Lire aussi : La souveraineté de la Tunisie vendue au FMI ?

Tunisie : Comment avaler la pilule du FMI ?
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