Tunisie : Pourquoi les pros du tourisme ont peur
Lundi, 04 Mars 2013 16:25

tourisme-tunisieLe tourisme a commencé l'année 2013, avec une baisse des entrées touristiques de 20,4%, à 439 708 visiteurs, par rapport à 2010 (pour la période du 1er janvier au 20 février). Cette régression a touché plusieurs nationalités, surtout celles européennes et maghrébines. Comparée à 2012, année où l'activité touristique a connu une certaine amélioration, la baisse est de -7,7% (476 412 touristes).

Telles sont les dernières statistiques fournies par l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT). Or ce secteur, qui assure 7% du PIB et emploie 400 mille personnes en Tunisie, est touché de plein fouet par la crise.

D'après des opérateurs du tourisme, cités par la Tap, «la situation touristique s'est aggravée après les événements de l'ambassade des USA en septembre 2012 et l'assassinat du leader de gauche, Chokri Belaid , le 6 février 2013. L'image de la Tunisie, véhiculée par les médias étrangers, notamment français, a beaucoup contribué à la baisse du flux touristique au début de cette année et à celle des réservations pour la période de l'hiver».

Les doléances d’un secteur en crise

Sami Saadi, le DG de l'hôtel Allidis à Djerba, dont les propos ont été recueillis par la Tap, déclare : «Nous ne savons plus où nous mène le gouvernement ? Est ce qu'il va sauvegarder le tourisme ou opter pour d'autres choix ? Nous avons besoin d'un message politique clair signifiant que la Tunisie est toujours un pays ouvert, stable et sécurisé. J'ai peur pour l'avenir du secteur qui est devenu une destination de dernière minute, au vu de la baisse des réservations de plus 60%».

A Nabeul, le président de la Fédération régionale de l'hôtellerie, Habib Bouslama, a estimé que «le tourisme, aujourd'hui, est en train d'étouffer et est près de s'effondrer  surtout qu'il souffre déjà, de plusieurs problèmes structurels». Il a considéré que le secteur a besoin «d'une intervention immédiate pour sauver les emplois dans le tourisme, qui sont de l'ordre de 100 mille postes, dans le gouvernorat de Nabeul».

tourisme en tunisie

Pour M. Habib Ammar le directeur général de l'ONTT, «malgré l'amélioration enregistrée en 2012, l'arrière saison a été perturbée par les événements de l'ambassade des USA. Les zones les plus touchées sont, essentiellement, Tozeur et Kébili dans le Sud tunisien mai, aussi, Tabarka (Nord-Ouest)». Par contre, le tourisme intérieur, a-t-il précisé, a enregistré une amélioration de 16% des nuitées par rapport à 2011 et a contribué à sauver l'activité touristique.

Il a exprimé l'espoir de voir «les élections être organisées dans quelques mois et des institutions stables mises en place pour pouvoir, communiquer sur un pays, en dernière phase de transition».

M. Ammar rappelle : «Nous avons préparé une campagne qui prend en considération les spécificités de chaque marché avec la promotion des produits touristiques existant dans les différentes régions du pays (Sahara, golf, culture, Archéologie …). Cette campagne, comprend aussi, un soutien financier aux voyagistes opérant sur la destination Tunisie pour promouvoir la publicité commune et améliorer la programmation aérienne. Une grande campagne pour l'été et l'arrière saison, démarrera début avril 2013, notamment en Allemagne, Angleterre, Russie et tous les pays de l'Europe de l'Est. La promotion touristique sera réalisée, via les télévisions, les réseaux sociaux, les affiches, l'invitation des journalistes et tour-opérateurs en Tunisie. Fin avril prochain, une rencontre sera organisée, en France avec les leaders d'opinion, les hommes politiques, les journalistes».

Pour Mohamed Ali Toumi, président de la Fédération nationale des agences de voyages, «l'image de la Tunisie n'est pas liée seulement à la stabilité et la sécurité mais aussi à la propreté du pays (prolifération des ordures), la qualité des services et le comportement des tunisiens avec les touristes qui sont parfois harcelés». «Nous avons besoin d'une date pour la tenue des élections pour rassurer les T O», a-t-il conclu.

Avec Tap

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