Tunisie : A qui profite le flou sur nos ressources pétrolières ?
Vendredi, 14 Juin 2013 19:35

petrole-tunisie«Slim Chiboub a actuellement le contrôle de Green Gas & Oil Corp, une société pétrolière basée en Tunisie, dont il détient toujours des parts. Chiboub serait même en contact permanent avec des responsables du secteur pétrolier».

C’est ce qu’a affirmé le jeudi 13 juin, Darren Stevenson, le fondateur et ancien directeur de la société pétrolière Voyageur Gas & Oil Corp, sur les ondes d’Express FM.

Des faits très graves, donc, qui n’ont curieusement pas soulevé de vagues dans les médias tunisiens. Pourtant, c’est la deuxième fois que Slim Chiboub, le gendre du dictateur déchu, se retrouve cité dans des affaires pétrolières au cours de la même semaine. Nawaat ayant en effet publié, le mercredi 12 juin, un article citant nommément l’ancien premier ministre Béji Caïd Essebsi et Chiboub, sur fond de relents d’or noir. On aura noté la réaction de certains médias qui se sont empressés de démentir en bloc cette version des faits.

Paradoxalement, de l’autre côté de la barrière, les médias réputés proches d’Ennahdha se sont contentés de rapporter ces quelques éléments divulgués par Nawaat, sans chercher outre mesure à s’appesantir sur la question. Pourtant, Caïd Essebsi est censé être leur adversaire juré, celui qu’ils adorent détester et critiquer. Mais apparemment la raison politique a des raisons que le cœur d’Ennahdha fait mine d’ignorer. L’homme désormais reçu avec les honneurs par Laâridh et Jebali, ne saurait plus constituer une cible toute désignée. Circulez, il n’y aurait donc plus rien à voir. Et on devrait croire tout ce beau monde sur parole.

gateau-tunisieMais voici qu’une station radio dédiée à l’économie, Express FM en l’occurrence, revient sur le sujet de nos ressources pétrolières (voir ici). Et il apparait, selon le témoignage de M. Darren Stevenson, que nos richesses nationales ne sont pas nécessairement gérées dans la transparence absolue, et avec la rigueur requise. Une affaire passée presque sous silence, alors qu’à notre connaissance, il n’y a pas vraiment eu de sérieuse remise en cause des méthodes de gestion du secteur des hydrocarbures, après la Révolution.

Or à en croire ces quelques rares témoignages, un flou savamment entretenu continue d’entourer l’exploitation de nos richesses minières et pétrolières. Quelles personnalités tunisiennes et étrangères profitent de cet état de fait ? Qui a intérêt à ce que les anciennes méthodes soient perpétuées ? Certainement pas le citoyen tunisien en tous cas. Et c’est notre souveraineté nationale, qui s’en retrouve une nouvelle fois malmenée.

Moez El Kahlaoui

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