Nadia El Fani met à nu les Femen à la télé
Lundi, 04 Mars 2013 21:01

nadia-fani-femen«Nos seins, nos armes» le documentaire sur les Femen, coréalisé par la cinéaste franco-tunisienne, Nadia El Fani et par la journaliste française Caroline Fourest sera diffusé le mardi 5 mars à 22h45 sur France2, dans le cadre de l’émission «Infrarouge».

Le documentaire est donc consacré à ces féministes radicales qui se dénudent les seins, pour dénoncer la suprématie masculine. Fani et Fourest se proposent, dans ce film, de «suivre le combat de ces femmes pour le droit à disposer d’elles-mêmes, en Ukraine, mais aussi en Egypte et en Tunisie».

Et pour l’occasion, «Nos seins, nos armes» pourra donc être regardé par les téléspectateurs tunisiens, alors qu’il a été justement question, il y a quelques jours, d’une implantation de ce mouvement féministe plutôt extrême en Tunisie. Le buzz suscité par ce groupe de plus en plus médiatisé n’est donc pas près de retomber.

fourest-faniC’est dire que Nadia El Fani, est plus que jamais sous les feux de la rampe. D’autant plus qu’elle a reçu, le samedi 2 mars, le 1er prix du meilleur documentaire au Festival Fespaco à Ougadougou pour son film, intitulé «Même pas mal», coréalisé avec la cubaine Alina Isabel Pérez.  Le prix de la Fondation Femmes pour l’Afrique a également été décerné à la sulfureuse cinéaste tunisienne.

On n’a donc pas fini d’entendre parler de Nadia El Fani, qui a déjà soulevé une vive polémique avec son documentaire «Ni Allah, Ni Maître» (rebaptisé Laïcité Inchallah). Pour rappel, des manifestants rassemblés devant le cinéma l’Africa, à Tunis, ont tenté par tous les moyens d’empêcher la projection d’un film accusé de «blasphème». Mais la cinéaste, qui revendique publiquement son athéisme, n’en a cure.

En Tunisie, la critique, s’était de nouveau déchaînée contre El Fani, après l’annonce de sa participation, en juin 2012, à un colloque organisé à Tel Aviv par l’ambassade de France en Israël, pour débattre sur le thème «Démocratie et religion». Or, s’il y a une cause qui réunit les Tunisiens au-delà de tous les clivages  politiques, c’est bien la lutte contre le sionisme.

Femen ne fait pas l’unanimité
Quant au mouvement Femen, il ne fait pas vraiment l’unanimité, même en Europe, et parmi les militantes les plus acharnées de l’égalité des sexes.  Lydia Guirous, présidente de l'association française «Future, au Féminin», condamnera, en effet, sur les colonnes du Huffington Post, ce qu’elle considère comme des «actions stériles et inappropriées qui dénaturent et caricaturent toujours davantage le féminisme et la cause des femmes».

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C’est que les Femen se sont notamment illustrés en Ukraine, en août 2012, en sciant à la tronçonneuse, une immense croix catholique, qui trônait sur une place publique, à Kiev. Le 12 février 2013, huit activistes des Femen se sont dénudées à la cathédrale Notre-Dame, à Paris, en criant des slogans hostiles à l’Eglise. Et à quel genre de réactions faudrait-il s’attendre si des opérations similaires en viennent à viser des mosquées ?

Reste maintenant à s’interroger sur la réelle portée des œuvres de Nadia El Fani, qui prétend défendre en Tunisie, des valeurs de modernité et de progrès. En associant son image et sa démarche avec celle des femmes qui luttent pour leurs droits légitimes, dans notre pays, comme ailleurs dans le monde arabe, la cinéaste fait-elle avancer la cause des femmes ? Il est permis d’en douter.

Moez El Kahlaoui

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