Tunisie : Siliana craint le pire
Mardi, 27 Novembre 2012 19:52

silianaOn a craint le pire, ce mardi 27 novembre, à Siliana, après une marche de protestation devant le siège du gouvernorat qui a viré à l’affrontement. Les forces de sécurité ont employé le gaz lacrymogène, ont tiré des balles de caoutchouc, et certains témoins ont même fait état de tirs à balles réelles.

14 blessés dont 2 agents de sécurité qui ont été transportés au service des urgences de l'hôpital régional ont été comptabilisés au bilan de cette manifestation pacifique, qui a en effet démarré, lors de cette matinée du mardi, à partir des locaux de l'Union régionale du travail (URT) de Siliana, en direction du siège du gouvernorat. Objectif des manifestants : exiger le droit de la région au développement ainsi que la libération des personnes arrêtées lors des événements du 26 avril dernier, et accessoirement, le départ du gouverneur.

Le secrétaire général de l’URT de Siliana, Nejib Sebti, dont le témoignage a été recueilli par l’agence Tap a souligné que «les échantillons de douilles prouvent l'utilisation de balles tirées par des fusils à grenaille» précisant que «les médecins de l'hôpital régional de Siliana ont pu extraire des échantillons de cette poudre chez un des blessés au niveau de l'œil».

siliana

Les policiers ont utilisé des bombes de gaz lacrymogène et les matraques pour disperser les manifestants qui se sont retirés vers le centre ville où ils ont brûlé des pneus et des palmiers tout au long de la rue de l'environnement reliant le siège du gouvernorat au district de la sécurité nationale de Siliana.

Le soutien de la LTDH
La Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) a fait part, mardi, dans un communiqué, de son soutien absolu aux revendications de la population de Siliana. Pour la LTDH, «les tensions qui prévalent, à Siliana, sont dues au refus du gouverneur et des autorités régionales de dialoguer avec les composantes de la société civile pour trouver des solutions aux problèmes de développement». La ligue insiste sur l'échec du règlement sécuritaire et judiciaire des problèmes sociaux tout en appelant à la libération de tous les détenus, depuis un an et huit mois, suite aux mouvements sociaux.
La LTDH appelle à l'ouverture d'un débat en vue de trouver des solutions aux problèmes de la région dont la concentration des terres domaniales aux mains de quelques investisseurs qui ne respectent pas le Code du travail, affirme la ligue ajoutant que le chômage a atteint des niveaux alarmants, ce qui est contraire aux objectifs de la révolution pour l'emploi et la dignité.

En définitive, après avoir payé le prix fort durant la Révolution, les régions délaissées de l’intérieur de la Tunisie sont toujours exclues, et continuent de se débattre dans le chômage endémique, la paupérisation, et la marginalisation.

Et en attendant d’atteindre les objectifs de la Révolution, Maher Ben Amor, président de l'association du développement et des diplômés chômeurs a déclaré, sur les ondes de Shems FM, que les habitants de Siliana craignent les éventuelles descentes nocturnes des forces de sécurité, après les affrontements qui ont lieu dans la journée.

Synth Soufia B.A

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