| Bahri Jelassi pour la polygamie en Tunisie |
| Jeudi, 10 Novembre 2011 07:53 |
M. Jelassi appelle ainsi à la révocation pure et simple du Code du Statut Personnel (CSP), considérant que c’est l’athéisme qui constitue le véritable danger pour la société tunisienne. Le responsable du POF appelle ainsi le gouvernement à remplacer le CSP par un corpus juridique tirant sa légitimité de la Chariaa islamique. Selon lui, la polygamie permettrait de lutter contre des problèmes sociaux et des «vices tels que l’adultère, le célibat forcés des non-mariées, et même le viol». Le dirigeant du POF ne s’est pas privé de critiquer le parti Ennahdha et son président Rached Ghannouchi, pour s’être «éloignés des préceptes divins», les exhortant à revenir s’abreuver aux sources religieuses. Pour rappel, le plus important parti islamique a affirmé ne pas vouloir remettre en cause les droits acquis par les femmes tunisiennes, par le biais du Code du Statut Personnel promulgué dès 1956.
Faut-il pour autant prendre ces déclarations au sérieux ? On relèvera que le POF est le mouvement qui a prétendu construire un pont (ou un tunnel) entre la Tunisie et l’Italie. Sans doute pour séduire, les candidats à la «harga», toujours plus nombreux, malgré la Révolution. Ce même parti promet également la distribution de 400 m2 de terrain pour chaque Tunisien, la baguette à 100 millimes, la gratuité des factures d’eau, de gaz et d’électricité, et 5000 dinars pour les citoyens en voie de se marier. En somme, la polygamie représentera la cerise sur le gâteau package politico-social que M. Jelassi prétend partager pour en faire «bénéficier» ses concitoyens. Le problème ? Vu le succès inattendu de la Aridha, il n’est pas complètement exclu de voir un jour des partis comme le POF, se hisser aux toutes premières loges de notre Parlement. Or si la publicité mensongère est strictement interdite quand il s’agit de produits de consommation courante, force est de constater que jusqu’ici, nos partis politiques se permettent de promettre tout et son contraire, en toute impunité. Autant de raisons qui font planer sur notre démocratie naissante de graves dangers. Moez El Kahlaoui Facebook Social Comments Box for Joomla |