La souveraineté de la Tunisie bradée par Caid Essebsi et Ghannouchi ?
Mercredi, 20 Novembre 2013 16:26

L’activisme de l’ambassade US en Tunisie faisait déjà grincer des dents. Et voici que les visites successives rendues au président algérien Abdelaziz Bouteflika par les leaders des deux principaux partis politiques, à savoir Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, commencent à susciter certaines inquiétudes.

Ainsi, selon M. Ahmed Néjib Chebbi, leader du parti Républicain (Al Jomhouri), «exposer nos crises internes dans des pays étrangers risque de remettre en cause notre souveraineté.  En tant que Tunisiens nous devons préserver l’indépendance acquise de haute lutte de notre pouvoir de décision. Sinon, on risque de se retrouver dans la situation dans laquelle étaient nos frères palestiniens, dont certains partis avaient directement recours à des puissances étrangères en cas de litige». Dans cette déclaration donnée ce mercredi 20 novembre, sur les ondes de Jawhara FM, M. Chebbi prendra toutefois les précautions d’usage, en affirmant «ne pas penser que l’Algérie veuille s’ingérer dans les questions tunisiennes».

Pour sa part, M. Moncef Ouannes, chercheur  en sociologie, a affirmé, en ce même mercredi sur Mosaique FM, que «le choix de ces deux personnalités politiques tunisiennes par le président algérien n'est pas innocent». Soulignant que «Bouteflika veut prouver qu'il dispose encore d’un poids diplomatique et politique, à la fois dans son pays et à l’étranger». Une démarche qui s’inscrirait, selon M. Ouannes, «dans le cadre des préparatifs pour son quatrième mandat». La Tunisie deviendrait-elle un enjeu électoral pour l’Algérie ?

Hechmi Hamdi, le président du courant Al Mahabba (ex-Aridha chaâbia), lui, ne prendra pas de gants. Dans une intervention datant de ce même jour sur Mosaique FM, il affirmera carrément que «même si Béji Caïd Essebsi et Ghannouchi ont eu des intentions positives, leur intervention est dangereuse. Il ne faut pas faire intervenir l'Algérie dans nos problèmes intérieurs». Pour lui, «cela pourrait mener la Tunisie vers le même schéma que vit la Syrie dans ses rapports avec le Liban». M. Hamdi ira jusqu’à affirmer que «la tyrannie de Bourguiba et la corruption de Ben Ali sont moins graves que l'intervention de l'Algérie et des USA dans les affaires intérieures de la Tunisie».

Même son de cloche auprès de Chawqi Abid, l’ex-conseiller économique à la présidence de la République. M. Abid rappellera ainsi sur les réseaux sociaux que même sous la dictature, «la Tunisie a refusé de se «plier aux princes du Golfe et a décliné des suggestions européennes ou américaines (Africom)». Il martèle : «La Tunisie est en passe d'emprunter la trajectoire prise par le Liban avec la Syrie et l'Arabie Saoudite. A ce rythme, notre pays risque de voir un jour sa politique se décider par l'Ambassadeur d'un pays frère et l'Ambassadeur d'un pays "ami" ».  Avant de conclure : «Messieurs Ghannouchi et Essebsi: un peu de respect pour le peuple Tunisien, s’il vous plaît».

Synth. Moez E.K

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