Mercredi, 04 Décembre 2013 12:31

Le classement 2013 de Transparency international sur l’indice de perception de la corruption dans le monde a été rendu public le mardi 3 décembre. La Tunisie a été classée à la 77e position mondiale dans une hiérarchie qui compte 177 Etats. En apparence, notre pays n’en finit donc pas de s’enfoncer dans la corruption.

Puisqu’il est passé de la 59e position en 2010 à la 73eme en 2011, pour arriver à la 75e en 2012, pour finir à la 77e place en 2013. Or on remarquera que la véritable dégringolade date de 2011, plus précisément du 1 décembre 2011, date à laquelle a été publié le classement de cette année-là.  Soit deux semaines avant l’immolation par le feu du martyr Mohamed Bouazizi, survenue le 17 de cet historique mois de décembre 2011, marquant ainsi le déclenchement de la Révolution. La chute la plus significative de la Tunisie, selon cet indice de perception de la corruption date donc clairement d’avant la Révolution.

Cependant, les Tunisiens étaient en droit de s’attendre à des changements plus significatifs, voire même à l’éradication de la corruption, puisque c’est justement l’une des causes principales du soulèvement qui a abouti au balayage de la dictature. Or manifestement, il y a encore de sérieux efforts à faire. Toutefois, au niveau régional, et selon les chiffres publiés par cette même organisation qu’est Transparency international, des pays frères comme le Maroc (l’éternel rival de la Tunisie), ne se portent guère mieux. Loin de là.

 La Tunisie moins corrompue que le Maroc et l’Algérie

Le Maroc, classé 85e en 2010, remontera la pente en 2011 pour atteindre la 80e place, avant de tomber à la 88e position en 2012, et échouer à la 91e en 2013. A aucun moment il ne parviendra à déloger la Tunisie de sa place de leader maghrébin. Il s’agit même d’une évolution négative, pour la monarchie chérifienne qui se targue de sa «stabilité politique». Mais les chiffres de Transparency International ne sont pas vraiment de nature à rassurer  les investisseurs étrangers, théoriquement férus de transparence.

Quant à l’Algérie de Bouteflika, qui se présente comme un rempart contre la Révolution, elle a beau remonter de la 105e position en 2012, elle n’en reste pas moins loin derrière la Tunisie, avec sa 94e place en 2013. La Mauritanie à la 119e position (123e en 2012), et la Libye, 172ème, cette année, ferment la marche.  

Curieusement, au niveau arabe, on remarquera que les pétromonarchies du Golfe, bien qu’elles ne respectent aucunement les normes les plus élémentaires de la démocratie, réalisent de meilleurs scores que les cinq pays maghrébins. Ainsi, dans la région MENA, les Émirats arabes unis arrivent en tête, occupant la 26e position (à titre de comparaison, Israël est 36e). Le Bahreïn est 57e, l’Arabie saoudite est au 63e rang. A croire qu’il doit coûter très cher de «tenter» des fonctionnaires qui touchent déjà des dizaines de milliers de pétrodollars de salaires.

La leçon africaine

Mais la véritable leçon nous viendra de notre propre continent. Puisque les pays du Maghreb en général, et la Tunisie en particulier, sont bien loin du peloton de tête africain. Ils se font ainsi largement devancer par des Etats comme le Botswana (30ème), le Cap Vert ( 41), le Rwanda (49), le Lesotho (55), la Namibie (57), le Ghana (63), l’Afrique du Sud (72e), et le Sénégal ( 77e). En définitive, ce classement vient au bon moment pour tordre le coup à bien des idées reçues.

Moez E.K

Tunisie : Plus ou moins de corruption après la Révolution ?
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