Mercredi, 29 Janvier 2014 01:22

Décidément, il semblerait que les Tunisiens ne soient pas au bout de leurs surprises avec le nouveau gouvernement proposé par Mehdi Jomâa. De nouvelles polémiques sont même en passe d’éclater, tout juste après la controverse suscitée par le séjour israélien de la ministre du tourisme.

Et en l’occurrence, c’est un autre département qui risque cette fois-ci d’être touché : celui des Affaires étrangères, par le biais du nouveau secrétaire d’Etat choisi par Jomâa, à savoir Fayçal Gouia.

L’acharnement du défunt Abdelfattah Amor, président de la commission nationale d'investigation sur la corruption et la malversation (CNICM), avait permis la publication d’un rapport, le 11 novembre 2011, exposant les dérives de la dictature. Dans son édition du 18 novembre 2011, le journal français «Le Monde» fera même état de quelques morceaux des plus croustillants, dont celui-ci :

«Du plus absurde, comme cet échange de courriers début 2010 entre Sakhr El-Materi, le gendre de l'ancien président Zine El-Abidine Ben Ali, et l'ambassadeur tunisien à Djakarta, en Indonésie, au sujet de l'acquisition d'un couple d'orangs-outangs».

Ces quelques lignes constitueront l’entrée en matière d’un article rédigé par Isabelle Mandraud. Or en l’occurrence, en cette période, l’ambassadeur qui représentait la Tunisie en Indonésie n’était autre que Fayçal Gouia.

Et l’échange de courriers en question a même été en partie divulgué par la presse électronique locale, comme l’atteste cet article publié par le site Tunisie Numérique, le 11 novembre 2011, sous le titre évocateur : «Notre ex-ambassadeur à Jakarta avait pour mission de « prospecter » 2 singes pour Sakhr El Materi». Nos collègues mettront même en ligne des facsimilés d’une lettre signée par un certain Fayçal Gouia, adressée au gendre favori de Ben Ali, (déjà connu pour entretenir un tigre dans sa demeure). Une missive à la teneur peu diplomatique, dans laquelle sont décrites les nombreuses complications des démarches à accomplir pour importer, ces précieux orangs-outangs en Tunisie.

C’est dire que ce grand primate qui ne vit que dans les jungles d’Indonésie, plus précisément dans les îles de Bornéo et Sumatra, a des amateurs éclairés, dans notre pays. Reste maintenant à savoir si Mehdi Jomâa s’est fait roulé par de vieux singes, à qui on n’apprend pas à faire la grimace, ou si, malin comme seul un ministre tunisien sait l’être, il s’en tirera par une gracieuse pirouette.

Moez E.K

Tunisie : Le secrétaire d’Etat et les orangs-outangs
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