Marzouki défie Caid Essebsi
Mercredi, 26 Novembre 2014 09:35

«Il est inacceptable qu’Essebsi refuse de s’expliquer devant les Tunisiens. Sa conception de la démocratie est quelque peu vacillante». C’est ce qu’a affirmé Moncef Marzouki commentant ainsi le refus de son adversaire d’une confrontation directe lors d’un débat télévisé.

Dans un entretien accordé mardi 26 novembre à la chaîne télévisée « France 24 », le candidat au deuxième tour de l'élection présidentielle s’est interrogé : «Est-il acceptable que celui qui ambitionne de devenir le président de tous les Tunisiens dise que ceux qui ont voté pour moi, soit 1 million 100 mille électeurs, sont des islamistes, des extrémistes ou des terroristes» ?

Il a souligné : «C’est très triste d’amener le débat aussi bas. Ce n’est pas digne d’un homme qui veut rassembler les Tunisiens. C’est un mensonge et une insulte au peuple tunisien. D’une part, les salafistes ne votent pas, c’est contraire à leur principe. D’autre part, je veux les faire sortir de la tentation terroriste. Mon travail est de faire sortir les Tunisiens de l’extrémisme pour les amener vers la démocratie».

Moncef Marzouki a martelé que le peuple tunisien qui s'est révolté après avoir souffert, un demi siècle durant, de la dictature, de l'absence de liberté et de dignité et des disparités régionales, « n'est pas prêt de revenir au passé». Estimant que le retour de l'ancien régime constitue un «danger pour la stabilité du pays». Et d'ajouter : « l'ancien régime ne représente pas seulement des personnes mais aussi des mentalités illustrées par les menaces de certaines figures de Nida Tounes de traduire en justice et de dissoudre les partis qui ont soutenu ma candidature».

Evoquant Béji Caid Essebsi sans le nommer, Marzouki a souligné que « la personne qui a travaillé toute sa vie au sein d'un régime despotique et fait preuve de mutisme alors que tout le monde souffrait, représente un danger pour la stabilité, car le peuple qui a fait la Révolution n'est pas prêt de retourner au passé. « Au moment où l'effort se poursuit pour l'édification de l'Etat démocratique, le peuple tunisien est surpris de voir, après les élections législatives et présidentielle, l'ancien régime refaire surface, à travers la majorité des membres du parti d'Essebsi et la machine du RCD vouée à son service », a-t-il soutenu.

Le président de la République a assuré que « la stabilité est tributaire de l'équilibre des pouvoirs » et qu'il est le garant de cette stabilité. Marzouki a, par ailleurs, souligné que « les tunisiens ne se divisent pas en islamistes et laïques, mais plutôt en démocrates et non démocrates » et qu'« il y a une différence entre ceux qui ont contribué à cinquante ans de despotisme et ceux qui ont milité contre la dictature ».

Marzouki défie Caid Essebsi
 

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