Ennahdha réaffirme son soutien à Caid Essebsi
Mardi, 16 Décembre 2014 15:54

Alors que Hamadi Jebali, ex-chef du gouvernement, et vice président du mouvement a annoncé sa démission, et pendant que Sadek Chourou et Habib Ellouz ruent dans les brancards, voici que Houcine Jaziri, considéré comme l’un des proches de Rached Ghannouchi annonce le soutien de son parti pour Caid Essebsi.

C’est en tous cas ce qui ressort de cette déclaration rapportée par le quotidien «La Presse», dans son édition de ce mardi 16 décembre. On y lit ainsi «Ennahdha a annoncé officiellement que la stabilité après les élections est tributaire de deux facteurs capitaux : le premier est l'élection de Beji Caïd Essebsi à la présidence de la République, et le second est la participation du plus grand nombre de partis au pouvoir et parmi eux Ennahdha». En d’autres termes, s’il s’agit clairement d’un appui, même s’il est toutefois conditionné par la participation du parti de Ghannouchi dans le gouvernement. Or lors de la conférence de presse tenue le lundi 15 décembre, Caid Essebsi a effectivement affirmé que «les discussions sur la formation du futur gouvernement, ne se limiteront pas aux alliés de Nida Tounes, mais concerneront aussi Ennahdha». Une déclaration qui a d’ailleurs pris à contrepied Taieb Baccouche, coupable d’avoir trop vite claironné que l’alliance avec les Nahdhaouis était exclue. Mais la messe est dite.

A noter que Houcine Jaziri n’est pas le premier nahdhaoui à exposer ainsi ses préférences, puisque Lotfi Zitoun, également très proche de Ghannouchi a exprimé des positions similaires, même si elles n’ont pas parues aussi tranchées. Zitoun s’étant en effet contenté de se livrer à un duel à fleurets mouchetés avec Adnan Manser, le directeur de la campagne présidentielle de Moncef Marzouki. Un indice supplémentaire ? Les Tunisiens auront relevé les spectaculaire embrassades entre Abdelfattah Mourou et de Béji Caid Essebsi, dans l’enceinte de l’Assemblée des Députés du Peuple.

Le problème ? Il n’est pas sûr que ces prises de positions soient appréciées  côté de la base d’Ennahdha, et même de son électorat, qui a déjà tranché, lui, et ce, dès le premier tour, pour un appui franc et massif au bénéfice de Marzouki. Un grand écart qui risque de coûter cher au parti de Ghannouchi…

Entretemps, du côté de Nida Tounes, au-delà de l’alliance annoncée en filigrane avec les islamistes, voici que l’on évoque la restauration des relations avec les Etats du Golfe en général, et en particulier la très wahhabite Arabie Saoudite (où est encore réfugié l’ex-dictateur Ben Ali) et les Emirats Arabes Unis. Caid Essebsi ayant clairement affirmé qu’il s’agissait de l’une de l’une de ses priorités. N'en déplaise aux amateurs de sécularisme et de modernité.

Moez El Kahlaoui

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