Oui, on veut la transparence, et pas seulement pour le pétrole
Mercredi, 27 Mai 2015 19:24

Tribune. Oui, on veut instaurer la transparence dans la gestion des ressources naturelles, oui on veut concrétiser la souveraineté du peuple sur son territoire, oui on veut la bonne gouvernance participative dans tous les secteurs et non seulement quand il s’agit d’hydrocarbures. Par Daoud AbdelMonem Faleh

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Les hydrocarbures. Pour cette drogue, les impérialistes ont mené des guerres, détruit des pays, déplacé des peuples, anéanti des civilisations. Ils en sont farouchement accros. Cette matière première, qu'on appelle l'Or Noir, n'a amené que de l'obscurité. Elle n’a semé que mort et destruction du Moyen-Orient au Darfour.

Cette destruction continue de manière systématique avec le gaz de schiste. Des lobbies s'activent dans cette guerre déclarée pour dominer les ressources. Chacun mène ses troupes tout en négociant ses parts du gâteau, aussi dérisoire soit-il...
Or on ne semble guerre être conscient que l'avenir de l'humanité toute entière est dans les énergies renouvelables et l'avenir de la Tunisie particulièrement y est ! Là aussi une bataille, et des plus grandes est menée dans l'ombre. Les gros requins arrachent de leurs crocs les lambeaux.

Le code sur les énergies renouvelables a été débattu à l'Assemblée Nationale Constituante, puis à l'Assemblée des Représentants du Peuple. D’aucuns imaginent les promesses qu’a pu faire le Jomâa de Total/UTICA à ses bailleurs de fonds supposés, avec le code en toile de fond.

Les agents de la STEG ont manifesté contre ce projet qui octroie la production au secteur privé. Nos terres seront vendues/louées aux moindres prix aux producteurs et le gain sur le coût de la production ne se reflétera pas sur la facture d'électricité! Friaa (le dernier ministre de l’Intérieur de Ben Ali) investit dans une société active dans le solaire. Les Allemands dont l'ambassadeur a pris le fameux méchoui avec Jomâa ont les yeux sur ce projet (ils possèdent une technologie des plus avancée en photovoltaïque).

Oui, on veut instaurer la transparence dans la gestion des ressources naturelles, oui on veut concrétiser la souveraineté du peuple sur son territoire et ce qui y est, oui on veut de la bonne gouvernance participative dans tous les secteurs et non seulement quand il s’agit d’hydrocarbures. Oui on veut une part pour les zones d'exploitation qui sont directement affectées par la pollution due à la production. Oui on veut que cette production respecte la nature et le droit à un environnement propre pour les générations à venir.

Mais que sommes-nous entrain de contempler dans cette campagne et contre-campagne ? Des lobbies qui se font la guerre au prix de la division du peuple. Des sociétés d'exploitation qui sortent du marchés tunisien pour être remplacées par d'autres (dont la plupart sont nouvellement créées) et des dossiers de corruption qui sont noyés entretemps...

Ouvrir le dossier? Un grand OUI ! Mais de quel dossier parle-t-on ici ? Dans quel but ouvrir ce dossier ? On ne veut pas être les pions des lobbies et des groupes de pression. On ne veut pas être de la chair à canon dans les batailles des autres. On sait tous que des partis politiques dominants s'activent sur ce dossier et veulent se placer en tant que nouveau garants locaux de la continuité du business des forces impérialistes dans ce coin minuscule du monde mais influant sur le marché global ! Nos revendications de souveraineté ne peuvent être accomplies avec la domination de cette oligarchie et ses bras politiques. Nos revendications ne peuvent rejoindre celles des corrompus qui agissent dans un système corrompu. Nos revendications passent par l'abolition de ce système politico-économique de domination oligarchique. 

Continuer à dire que nos revendications sont à caractère social et non politique c'est exclure ces masses du champ de l'action qui peut transformer le paysage. C'est exclure la frange qui a intérêt à ce qu'un changement réel s'opère dans la vie politique et économique, avec un renversement des relations de domination. Nos revendications SONT politiques par essence. Toutefois sans sacraliser ces masses l’intellectuel organique se voit confier la mission de les éclairer sur les vrais enjeux des luttes qu'il doit mener et non les induire en erreur dans des batailles de clans ! Le but n'est pas de devenir le représentant de ces masses le but c'est d’amener des masses instruites et conscientes à faire eux même de la politique et ne pas laisser les "autres" la faire à leur place. Ceci devrait être le manifeste d'un mouvement social, large et inclusif et non sectaire, contre un système oligarchique qui n’assure sa domination qu’avec des partis au pouvoir, et une opposition taillée sur mesure.

Oui, on veut la transparence, et pas seulement pour le pétrole
 

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