Tunisie : Comment anticiper la «claque» américaine ?
Dimanche, 16 Septembre 2012 13:23

ambassade-us-tunisMohamed Chawki Abid, ex-conseiller économique à la présidence de la République, revient sur les événements qui ont entouré l’attaque de l’ambassade US à Tunis. Il souligne au passage que pour la première fois depuis le 23 octobre 2011, Marzouki réussit à réunir un Conseil des Ministres en présence d’un Hamadi Jebali affaibli par son échec. Dans un commentaire posté sur Mag14, M. Abid nous livre sa vison d’une possible sortie de crise. La voici.

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Peut-on redresser notre Référentiel Républicain et esquisser enfin un Etat Démocrate?
Peut-on transformer une menace de ‘‘crise diplomatique’’ en une ‘‘opportunité de désinfection’’? 
Peut-on ainsi repousser le spectre d’une ‘‘dictature théologique’’?
chawki-abidQuand le gendarme de la planète se fait agresser, il réagit sans prévenir. Pour le moment, le Département d’État s’est contenté de rapatrier un premier groupe de concitoyens (personnel non-essentiel). Si des ‘‘frappes militaires’’ étaient théoriquement exclues, ne devrions-nous pas anticiper des ‘‘claques politiques’’?
La seule personne habilitée et ‘‘potentiellement capable’’ d’empêcher le débarquement des marines US sur nos terres n’est que le président de la République. Comment va-t-il faire? 

Déjà, il s’est bien débrouillé ce vendredi 14/09 suite aux maladresses gravissimes du Gouvernement (quand il ne s’agit pas de complicité périlleuse avec les démolisseurs). En effet, il a suivi ‘‘de très près’’ le déroulement des actions sécuritaires au voisinage de l’ambassade des États Unis, a ignoré et tourné le dos aux Nahdhaouis pour décider de ce que bon lui semble, et a enfin téléphoné à Hillary Clinton plus tard dans l’après-midi pour la rassurer et lui exprimer ses engagements de protéger les citoyens et les édifices américains en Tunisie. 

jebali-marzouki
Le duel tournerait-il à l'avantage de Marzouki?

Entretemps, Rached Ghannouchi perd la boussole et multiplie les interventions télévisées pour ‘‘dénoncer les actes de violences perpétrés par les salafistes’’ et pour tenter de rassurer vainement les Tunisiens et surtout ses partenaires américains. 

A présent, le président Marzouki gagnerait à confirmer ses bonnes intentions et à cristalliser ses récents engagements en convoquant les Constituants en Assemblée Extraordinaire, en vue de leur faire part de la genèse des menaces salafistes grandissantes, en général, ainsi que des circonstances monstrueuses de l’attaque bestiale de l’ambassade US. 

Il devrait surtout les sensibiliser quant aux conséquences fâcheuses sur la souveraineté de notre pays, qui pourraient se produire si aucune mesure correctionnelle n’était prise (dégradation des facteurs du risque pas, intervention des marines, suspension des engagements de pays partenaires, divers préjudices économiques). 
Enfin, ne serait-il pas dans l’obligation de les exhorter à voter une motion de censure à l’adresse du gouvernement défaillant, et de les inviter à conjuguer leurs bonnes volontés pour une concocter meilleure sortie de crise. Se faisant, il réunira les conditions nécessaires pour ériger légitimement un Gouvernement de Salut National. INCHALLAH.

Mohamed Chawki Abid

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