A quoi joue l’Etat tunisien avec Microsoft ?
Mardi, 26 Novembre 2013 11:19

«Les programmes informatiques de l'administration tunisienne, des ministères de l'Education, de l'Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle et de l'emploi, seront développés par Microsoft» annonce un communiqué de la présidence du gouvernement, qui fait état d’un contrat établi, avec la multinationale.

Une réunion ministérielle s’est tenue en ce sens lundi 25 novembre au palais du gouvernement à la Kasbah. Selon la Tap, c’est pendant une durée fixée à trois ans que l’Etat tunisien est censé «tirer profit des programmes à valeur ajoutée en matière d'économie numérique, de transfert de technologies et de formation».

Dans ce contexte, il a été recommandé de créer un comité pilote au sein du ministère des technologies de l'information et de la communication afin «d'identifier de nouvelles opportunités de partenariat avec des multinationales spécialisées dans les technologies numériques».

Pourtant, Mme Thouraya Ezzine, directrice des projets et programmes au ministère des technologies de l'information et de la communication, affirmait, en marge du forum ICT4ALL 2013 qui s’est tenu ce mois à Hammamet, que «le développement et l'utilisation croissante des logiciels libres permettront de dynamiser l'activité économique, et de renforcer l'indépendance et la sécurité informatique de la Tunisie».

A noter également que dès 2010, la commissaire européenne en charge du numérique, Mme Neelie Kroes,avait qualifié le recours aux solutions propriétaires de «gaspillage d'argent public que la plupart des administrations ne peuvent plus se permettre».

Mais les autorités tunisiennes auraient-elles finalement d’autres priorités ? Pour sa part, Slim Amamou, ex-secrétaire d’Etat à la jeunesse et membre du parti pirate de Tunisie, fait état de ses soupçons. Il affirme ainsi sur son compte twitter, qu’il «sent qu’il y a une relation entre Microsoft et Ammar 404». Une suspicion que la dernière décision visant à créer l’Agence Technique de Télécommunications, ne contribue pas à dissiper.

Et après que Steve Ballmer ait décerné, en octobre 2007, le trophée Microsoft pour le leadership mondial en technologies de l’information au dictateur Ben Ali, verra-t-on la firme de Redmond remettre le même prix au gouvernement Nahdhaoui ?

Moez E.K

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