Mardi, 13 Septembre 2011 09:06

carthageNous avons vu des hommes qui se sont consacrés à la sauvegarde de notre patrimoine archéologique et culturel multimillénaire pleurer. Des larmes versées à la télévision devant la vision de chefs d’œuvres cassés, remodelés, pour servir de décor dans les basses cuisines et les maisons du clan Ben Ali. Et nous avons cru, trop vite, que la barbarie s’était enfuie avec le dictateur Ben Ali.

Les Tunisiens attachés à leur Histoire, à la richesse de leur identité ont visiblement été trop optimiste. Nous n’avons pas fini de pleurer sur nos ruines, à défaut de pouvoir les protéger de la rapacité de l’immobilier.
L’alerte a été donnée sur Facebook. L’appel à l’aide a retenti sur les réseaux sociaux dans la soirée du dimanche 11 septembre. Pelleteuses, excavatrices et autant de monstres mécaniques ont creusé et remué les entrailles de la terre, sur le site de Bir Ftouha du côté de la Maalga à la Marsa. Faisant fi de l’interdiction des autorités. Des pétitionnaires s’insurgent devant ce qu’ils considèrent comme devant: «l’absence de réactions des autorités – ministère de la Culture, ministère de l’Intérieur et tout spécialement la Municipalité de Carthage, et de l’impunité totale dont jouissent les contrevenants».

Les autorités sont ainsi directement interpellées, et appelées à «arrêter immédiatement tous les projets de construction sur le site de Carthage». Le cas échéant, les pétitionnaires déclarent que «faute de quoi les citoyens que nous sommes seront amenés à les assigner devant la justice».
Un responsable de la municipalité de Carthage a pourtant précisé : «Nous avons ordonné l’arrêt immédiat des travaux. Nous avons tenté de faire respecter cette décision, avec nos agents, et des policiers. Mais les contrevenants sont devenus agressifs». Qui pourrait donc protéger le bien commun des Tunisiens ?

Dès 1979, les zones de Carthage et de Sidi Bousaid ont été inscrites par l’Unesco sur les listes du patrimoine mondial de l’humanité.
C’est Caton, le Romain qui a juré la destruction de notre  antique cité qui le répétait : «Delendae Carthago». Voici que des millénaires plus tard, ce sont les propres descendants d’Hannibal qui insultent leur mémoire et vouent leur histoire à la perdition.

Walid Ben Sahbi
 

Continuera-t-on de pleurer les ruines de Carthage ?
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