Mercredi, 28 Décembre 2011 14:53

tarek-dhiabLa nomination de Tarek Dhiab au poste de ministre de la Jeunesse et des Sports n’a pas fini de susciter la controverse. La plupart se sont braqués sur le fait que l’ex-gloire du football tunisien n’est pas diplômée. Reléguant aux oubliettes des légendes comme Pelé qui ont exercé d’aussi hautes responsabilités.

Mais paradoxalement, ce qui est passé comme une lettre à la poste, sans provoquer l’avalanche de commentaires escomptée, ce sont les déclarations pour le moins misogynes que M. Dhiab a prononcé lors de l’émission « Essaraha Raha» du 24 décembre. Il a ainsi conseillé à ses amis d’Ennahdha, d’éviter de nommer une femme à ce poste, «à cause de ses difficultés».

Comme si les femmes tunisiennes n’étaient pas habituées, justement, à résoudre les problèmes, et à faire face aux pires difficultés. Comme si les femmes tunisiennes n’avaient pas eu leur compte en coups de matraques quand elles défilaient dans la rue sous la Révolution. Comme si le sport tunisien, justement, que M. Tarek Dhiab est appelé à gérer, ne devait pas ses plus belles médailles à des femmes, même dans des sports dits «masculins», tels que la boxe, le judo, et autres arts martiaux.

M. Tarek Dhiab auraient-ils oublié les moissons de médailles que nous ont rapportées nos championnes, et que le rugby féminin (à 7) tunisien s’est même hissé sur le toit de l’Afrique ? Ne connaitrait-il pas les exploits de nos sportives sur d’autres terrains que le football ? Le séjour prolongé du footballeur au Qatar lui aurait-il fait oublier nos réalités locales, et la place qu’ont conquises de haute lutte les femmes tunisiennes, face à la forteresse de la misogynie orientale et des préjugés ?

Il est clair que dans les pays du Golfe, le machisme ambiant relègue les femmes au second plan. Et si le Qatar n’est pas le pire de ces pays question misogynie, chez le grand frère saoudien, la conduite d’une voiture est exclusivement masculine, et celles qui osent transgresser cette règle s’exposent au fouet. Mais, Dieu merci, nous sommes en Tunisie, un pays où les femmes sont pilotes d’avion ou même de rallye, n’en déplaisent aux cheikhs autoproclamés et à leurs imprécations.  

Les femmes tunisiennes seraient-elles assez compétentes, et résistantes pour diriger des soldats à l’armée, mais pas assez coriaces pour un poste ministériel, dans le pays qui s’enorgueillit depuis 1956 de son Code du Statut Personnel auquel même Ennahdha n’a pas osé toucher ?

Soufia Ben Achour

Tarek Dhiab, ministre misogyne ?
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