Vendredi, 04 Janvier 2013 12:54

culture-tunisie«Dans mon pays il y a uniquement 3 théâtres municipaux, je dis bien 3 uniquement... Dans mon pays on ne compte plus que 12 salles de cinéma, je dis bien 12 salles sur tout le territoire... Dans mon pays la plus part des maisons de la culture, les maisons du peuple sont sous équipées, sans réel budget ou même fermées...

Dans mon pays où la décentralisation culturelle devenait une urgence... on réduit de moitié la budget de la culture».

moncef-dhouibCe diagnostic douloureux est de Moncef Dhouib. Et le cinéaste n’a pas été le seul, dans le milieu culturel, à dénoncer la marginalisation croissante de la culture, en Tunisie. Une marginalisation qui a plusieurs visages, qui s’est notamment traduite par une baisse du pourcentage culturel dans le budget de l’Etat. Certes, les fonds alloués au ministère de la Culture n’ont pas baissé de moitié, tel que l’a énoncé M. Dhouib. Après la publication officielle des budgets ministériels, on apprendra ainsi que le ministère de la Culture disposera d’un budget de 170,735 millions de dinars soit 0,64% du budget total de l’Etat, pour cette année 2013, contre 179,139 millions pour 2012 et 189,303 millions en 2011. Le budget alloué pour la culture a donc baissé de 4,7% «seulement» entre 2012 et 2013. Et même s’il s’agit visiblement d’une diminution conséquente, la réduction en question n’a en aucun cas atteint les 50%.

A quoi donc serait due cette rumeur aussi insistante que catastrophiste relayée par nos artistes, et nos hommes de culture ? Serait-elle vraiment dénuée de tout fondement ? Rien n’est moins sûr. La place de la culture, et son rayonnement, sont aussi une question de perception. D’autant plus que dans le contexte actuel, les artistes semblent de moins en moins en odeur de sainteté dans la Tunisie d’aujourd’hui. Et l’affaire El Abdellya a manifestement marqué profondément (et durablement) les esprits.

Actes d’incivilités, agressivité (plus ou moins) gratuite, deviendraient presque le lot commun des événements culturels et autres grandes messes artistiques. Comme si le quotidien déjà bien sombre de nos salles obscures ne suffisait pas. Par ailleurs, l’importance grandissante que prend le ministère des Affaires Religieuses, n’aura pas échappé aux principaux acteurs culturels, qui y voient, une certaine concurrence.

Et à l’heure où le budget de la culture paraît en berne, celui de Noureddine Khademi se voit augmenté de 13%. Or l’identité d’une nation, ne saurait être uniquement religieuse. Elle est tissée, métissée chaque jour que Dieu fait, par la création de ses membres. Musique, arts plastiques, littérature, théâtre, cinéma, assurent en effet le rayonnement d’un pays sur la scène internationale. A moins que d’autres ne préfèrent favoriser son éclipse.

Soufia Ben Achour

L’éclipse de la Culture est celle de la Tunisie
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